
Marmashen Monastere
Marmashen Monastere
Fondé à la fin du Xe siècle dans les gorges de l'Akhuryan, le monastère de Marmashen rassemble trois églises arméniennes médiévales à 10 km de Gyumri.
Le monastère de Marmashen forme l'un des rares ensembles monastiques arméniens du Xe siècle à conserver son organisation d'origine. Situé dans la région de Shirak, sur la rive gauche de la rivière Akhuryan, il rassemble trois églises dont la principale, Katoghiké, témoigne de l'apogée architectural du royaume bagratide.
Pourquoi visiter Marmashen
Contrairement à de nombreux monastères arméniens médiévaux bâtis sur des terrains isolés ou défensifs comme Tatev, Akhtala ou Arich, Marmashen s'inscrit dans un fond de vallée verdoyant, en contrebas, au creux des gorges de l'Akhuryan. Le site reste peu fréquenté et permet une approche tranquille de l'architecture arménienne médiévale, à une trentaine de kilomètres de Gyumri.
L'intérêt principal réside dans la lisibilité de l'ensemble : les volumes de la Kathoghiké, les vestiges de Sourp Astvatsatsin et l'église Sourp Petros se déploient sur un même replat, donnant une lecture claire de l'évolution du monastère sur plusieurs siècles.
Histoire du monastère
À la fin du Xe siècle, le prince Vahram Pahlavouni, figure influente du royaume bagratide, fonde le monastère et fait édifier l'église principale, appelée Katoghiké ou Sourp Stepanos. Sa construction s'étale entre 988 et 1029, période durant laquelle Marmashen devient l'un des centres religieux marquants de la région de Shirak.
Lors des invasions seldjoukides au XIe siècle, le site subit des destructions partielles et traverse une phase de déclin. Au début du XIIIe siècle, le monastère renaît : vers 1225, Gharib et Grégoire, petits-fils du fondateur, engagent la reconstruction de l'église principale et redonnent au site sa fonction religieuse et culturelle.
Au fil des siècles, l'ensemble conserve l'essentiel de son organisation. Les édifices secondaires, plus modestes, ont subi les effets du temps de manière inégale. Le tremblement de terre de 1988, qui dévasta Spitak et toute la région nord-ouest de l'Arménie, a fragilisé les structures encore debout et nécessité des travaux de consolidation.
Que voir sur place
L'église Katoghiké (Sourp Stepanos)
C'est l'édifice central du monastère et le mieux conservé. Vous y retrouvez les grands principes de l'architecture arménienne médiévale : une salle dominée par une coupole reposant sur de hautes colonnades, des demi-colonnades engagées dans les murs et une coupole polygonale extérieure. Les bas-reliefs et éléments sculptés sur les façades méritent un examen attentif, notamment les croix gravées (khatchkars) et les motifs ornementaux.
L'église Sourp Petros
Plus petite, elle reprend les mêmes principes architecturaux que la Kathoghiké, dans un format simplifié. Elle complète l'ensemble et illustre la déclinaison du modèle de l'église à coupole sur des édifices secondaires.
Sourp Astvatsatsin et vestiges
L'église Sourp Astvatsatsin se présente aujourd'hui en ruines. Ses fondations et pans de murs permettent d'imaginer l'ampleur du monastère à son apogée. Les vestiges de bâtiments annexes (réfectoire, dépendances) sont également visibles autour des églises.
Informations pratiques
- Accès : site ouvert, sans clôture ni guichet permanent. Visite libre.
- Tarif : entrée gratuite.
- Durée de visite : comptez 1 h à 1 h 30 pour faire le tour des trois églises et observer les détails sculptés.
- Équipement : chaussures fermées recommandées, le terrain est en pente et caillouteux par endroits.
- Sur place : aucun service (pas de café, pas de boutique). Prévoyez de l'eau.
Comment s'y rendre
Le monastère se situe entre les villages de Marmashen et de Vagramaberd, à environ 10 km au nord-ouest de Gyumri, deuxième ville d'Arménie. Depuis Gyumri, comptez 20 à 30 minutes en voiture par la route qui descend dans les gorges de l'Akhuryan.
Depuis Erevan, l'accès se fait via Gyumri (environ 120 km, 2 h de route). Les transports en commun jusqu'à Marmashen village existent mais restent limités ; la solution la plus pratique reste le taxi depuis Gyumri ou un véhicule de location.
Meilleure période
La région de Shirak connaît un climat continental marqué : hivers rigoureux avec neige et températures négatives, étés chauds et secs. La période la plus agréable s'étend de mai à octobre, lorsque les gorges de l'Akhuryan se couvrent de végétation. En hiver, la route reste praticable mais le site, exposé, peut être enneigé.
Les fins d'après-midi offrent une lumière favorable sur les façades en tuf rosé de la Kathoghiké.
À proximité
La région de Shirak et le centre de l'Arménie réservent plusieurs sites complémentaires :
- Gyumri : le centre historique, son architecture du XIXe siècle et ses musées valent une demi-journée.
- Le Monument de l'alphabet arménien, sur la route entre Gyumri et Erevan, illustre l'importance de l'écriture dans la culture arménienne.
- Le temple de Garni et le monastère de Goshavank permettent de prolonger la découverte du patrimoine religieux et antique du pays.
- À Erevan, le Mémorial du génocide arménien constitue une étape essentielle pour comprendre l'histoire contemporaine du pays.
Organiser votre visite
Marmashen s'intègre naturellement dans un circuit combinant Gyumri, le nord de l'Arménie et Erevan. Pour bâtir un itinéraire sur mesure incluant les monastères de Shirak et les autres sites majeurs du pays, consultez nos voyages en Arménie.
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