Matenadaran

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Culture & patrimoineHistoireArchitectureMonuments3 min de lecture

Institut des manuscrits anciens d'Erevan, le Matenadaran abrite plus de 17 000 manuscrits arméniens et étrangers, inscrits au registre Mémoire du monde de l'UNESCO depuis 1997.

Le Matenadaran, situé à Erevan, est l'institut national des manuscrits anciens d'Arménie. Il conserve plus de 17 000 manuscrits et environ 300 000 archives, dont une part majeure documente la culture arménienne médiévale et les traductions d'auteurs antiques. Inscrit au registre Mémoire du monde de l'UNESCO depuis 1997 sous le nom « Collection de manuscrits anciens du Matenadaran Mashtots », il occupe un bâtiment cubique en basalte gris-bleu, à l'extrémité nord de l'avenue Mesrop-Machtots.

Pourquoi visiter le Matenadaran

Le Matenadaran réunit dans un même lieu trois dimensions rarement combinées : une collection de manuscrits parmi les plus importantes au monde, un centre de recherche actif en arménologie, et une architecture emblématique du style néo-arménien des années 1950-1960.

Pour le visiteur, l'intérêt principal tient à l'exposition publique de pièces fondatrices : fragments des Ve-VIe siècles, premières enluminures arméniennes connues, ouvrages scientifiques médiévaux, traductions sauvant des textes grecs aujourd'hui perdus dans leur version originale. La visite éclaire ainsi un pan essentiel de l'histoire intellectuelle du Caucase et de la Méditerranée orientale.

Histoire de l'institution

L'histoire du Matenadaran moderne remonte à 405, année où Mesrop Machtots crée l'alphabet arménien. Le premier matenadaran (« dépôt de manuscrits ») est attesté à Etchmiadzin dès le Ve siècle par l'historien Lazare de Pharbe. L'institution prend de l'ampleur en 1441, lorsque le Catholicossat de l'Église apostolique arménienne est transféré de Sis à Etchmiadzin.

Pillages et dispersions marquent les siècles suivants, le dernier épisode majeur datant de 1804. Après le rattachement de l'Arménie orientale à la Russie en 1828, l'activité reprend : les premiers catalogues paraissent en 1840 et 1863, recensant respectivement 312 puis 2 340 manuscrits.

Au début du XXe siècle, des collections sont envoyées à Moscou pendant la Première Guerre mondiale pour les protéger ; elles ne reviennent qu'en 1922. En 1920, sous le pouvoir soviétique, le Matenadaran devient propriété publique, ce qui permet d'agréger des fonds venus de Moscou et de Tiflis. Les manuscrits sont transférés à Erevan en 1939 et l'institution reçoit son nom officiel d'Institut des Manuscrits anciens en 1959. Le périodique Le Messager du Matenadaran assoit alors son rôle de référence scientifique.

L'extension la plus récente — un bâtiment annexe de 12 100 m² dont la première pierre est posée le 14 mai 2009 et l'inauguration a lieu le 20 septembre 2011 — fait du Matenadaran le plus grand centre international d'arménologie et d'études médiévales.

Ce que l'on peut voir

Les manuscrits emblématiques

La collection compte 10 000 manuscrits arméniens, dont environ un tiers est décoré d'ornements et d'enluminures. Plusieurs pièces structurent la visite :

  • Des fragments des Ve-VIe siècles, parmi les plus anciens témoins écrits de l'arménien classique.
  • L'Évangéliaire d'Etchmiadzin, qui présente certaines des premières enluminures arméniennes connues.
  • L'Évangile Lazarian de 887, considéré comme le plus ancien manuscrit arménien complet conservé.
  • L'Homéliaire de Mouch (1200-1202), plus grand manuscrit de la collection.
  • Un calendrier de 1434, plus petit manuscrit de la collection.

Aux côtés de ces pièces, l'institut conserve des textes en grec, latin, arabe, persan, syriaque, hébreu et éthiopien. Il abrite aussi des traductions arméniennes d'œuvres antiques dont la version originale est perdue, comme la Chronique d'Eusèbe de Césarée ou le traité Sur la nature de Zénon de Cition.

L'architecture et le décor

Le bâtiment cubique en basalte gris-bleu s'inscrit dans le style néo-arménien, en contrebas du monument à la Mère Arménie. Un escalier monumental conduit à la statue de Mesrop Machtots accompagné de son disciple Korioun agenouillé, œuvre de Ghoukas Tchoubarian (1962).

L'entrée est encadrée par six statues de figures intellectuelles arméniennes : Toros Roslin, Grégoire de Tatev, Anania de Shirak, Moïse de Khorène, Mkhitar Goch et Frik. Au-dessus est gravée une inscription en arménien : « Ճանաչել զիմաստութիւն եւ զխրատ, իմանալ զբանս հանճարոյ » — « Pour connaître sagesse et instruction, comprendre les paroles intelligentes ».

Les façades latérales sont décorées de khatchkars (croix de pierre) et de stèles. À l'intérieur, une mosaïque de Hovhannès Khatchatrian illustre la bataille d'Avarayr (451) ; l'escalier principal présente un triptyque du même artiste consacré à l'époque urartéenne, à la création de l'alphabet et aux précurseurs hellénistiques de Machtots. Un abri antiatomique avait été creusé dans la colline à l'arrière du bâtiment ; il est aujourd'hui inutilisable à cause d'infiltrations.

Informations pratiques

  • Durée de visite : comptez 1 h à 2 h pour parcourir les salles d'exposition principales.
  • Tarif : modéré, avec un supplément pour les visites guidées et l'accès à certaines collections spécifiques.
  • Jours d'ouverture : ouvert en semaine et le samedi, fermeture hebdomadaire le dimanche et le lundi (à vérifier sur le site officiel avant déplacement, les horaires saisonniers évoluent).
  • Photographies : autorisées dans les salles d'exposition, sans flash. La photographie professionnelle peut être soumise à autorisation.
  • Visites guidées : disponibles en arménien, russe, anglais et français, sur réservation préalable.

Comment s'y rendre

Le Matenadaran se trouve à l'extrémité nord de l'avenue Mesrop-Machtots, l'un des grands axes du centre d'Erevan. Depuis la place de la République, comptez 20 à 25 minutes à pied en remontant l'avenue, ou environ 10 minutes en taxi. La station de métro la plus proche est Yeritasardakan, à 15 minutes de marche. Plusieurs lignes de marshrutkas (minibus) desservent l'avenue.

Le site est facilement combinable avec une visite du complexe de la Cascade et du parc voisin, situés à quelques centaines de mètres au sud-est.

À proximité

Le Matenadaran s'insère dans un secteur dense en monuments d'Erevan : la statue de la Mère Arménie domine la colline juste au-dessus, le complexe de la Cascade et son centre d'art Cafesjian se trouvent à courte distance, tout comme la place de la République et ses musées.

Pour prolonger la découverte du patrimoine religieux et architectural arménien, plusieurs sites complètent utilement la visite :

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

La photographie sans flash est généralement autorisée dans les salles d'exposition. La reproduction à usage scientifique ou professionnel doit faire l'objet d'une demande auprès de l'administration.

Oui, des guides francophones officient au Matenadaran. Il est recommandé de réserver à l'avance, particulièrement en haute saison ou pour les groupes.

L'accès aux fonds de manuscrits et d'archives est ouvert aux chercheurs sur dossier. Une demande motivée doit être adressée à la direction scientifique de l'institut, qui dispose également d'une salle de lecture dédiée.

1 h à 1 h 30 suffisent pour parcourir les salles d'exposition principales. Comptez 2 h ou plus si vous prenez une visite guidée détaillée ou souhaitez explorer la salle des cartes et les expositions temporaires.

L'escalier monumental d'entrée est imposant, mais un accès aménagé existe pour les visiteurs à mobilité réduite. Il est utile de se signaler à l'arrivée pour être orienté vers l'entrée adaptée.

Inclure le Matenadaran dans un voyage en Arménie

Le Matenadaran constitue une étape de référence pour comprendre la profondeur historique de la culture arménienne, en complément des grands monastères et des paysages du Caucase. Pour construire un itinéraire qui associe Erevan, ses musées et les sites patrimoniaux du pays, consultez nos voyages en Arménie sur mesure.

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