
Mémorial du génocide arménien
Mémorial du génocide arménien
À Erevan, le complexe de Tsitsernakaberd associe monument circulaire, flèche de 44 mètres et musée souterrain dédiés à la mémoire du génocide arménien de 1915.
Le Mémorial du génocide arménien, ou complexe de Tsitsernakaberd, domine une colline à environ 4 km du centre d'Erevan. Inauguré en 1967, il rend hommage aux victimes du génocide perpétré par l'Empire ottoman à partir de 1915 et constitue le principal lieu de mémoire du peuple arménien.
Pourquoi visiter le mémorial
Le site associe un monument architectural fort, un musée documenté et un point de vue sur le mont Ararat, visible depuis l'esplanade. Sa visite éclaire un pan central de l'histoire arménienne et du XXᵉ siècle européen. Le lieu fait partie du parcours quasi obligé de toute découverte d'Erevan, au même titre que la cathédrale ou le Matenadaran. L'atmosphère y est solennelle : il s'agit d'un lieu de recueillement avant d'être un site touristique.
Histoire et contexte du génocide
Les événements de 1915
Le 24 avril 1915, à Constantinople, les autorités ottomanes arrêtent et déportent des centaines d'intellectuels arméniens. Cette date marque le déclenchement d'une politique d'extermination systématique : massacres, déportations, marches de la mort à travers les déserts de Syrie et de Mésopotamie. Le bilan dépasse le million et demi de victimes.
Les responsables
Le génocide a été planifié par le triumvirat ottoman composé de Talaat Pacha (ministère de l'Intérieur), Enver Pacha (Guerre) et Djemal Pacha (Marine), leaders du Comité Union et Progrès, le parti des jeunes-turcs. La mise en œuvre s'est appuyée sur l'armée, la gendarmerie et l'Organisation spéciale (Teşkilat-ı Mahsusa), structure clandestine qui recruta notamment des criminels de droit commun pour mener les massacres.
La construction du mémorial
Le mémorial a été inauguré en 1967, à l'occasion du 50ᵉ anniversaire du génocide. Il a été conçu par les architectes Arthur Tarkhanyan, Sashur Kalashyan et Lyudmila Mkrtchyan, ainsi que par le sculpteur Fyodor Arakelyan. Une rénovation en 1995 a permis l'ajout d'un musée souterrain et d'un mur de la mémoire.
Que voir sur le site
Le monument circulaire et la flamme éternelle
Le monument est composé de douze dalles de basalte inclinées vers l'intérieur, formant un cercle. Elles représentent les douze provinces perdues situées aujourd'hui en Turquie. Au centre brûle une flamme éternelle, autour de laquelle les visiteurs déposent des œillets, en particulier le 24 avril.
La flèche de 44 mètres
Cette stèle en granit de 44 mètres de hauteur est divisée en deux parties inégales par une fente verticale, qui évoque la fracture historique de la nation arménienne et la possibilité d'une réunification. Sa silhouette se détache à l'horizon, en direction du mont Ararat.
Le mur de la mémoire et le monument aux alliés
Le mur de la mémoire porte les noms des pays et des organisations ayant officiellement reconnu le génocide. En 2015, à l'occasion du centenaire, le président Serge Sarkissian a inauguré un monument dédié aux alliés des Arméniens : une main tendue surmontée d'une colombe portant un rameau d'olivier. Y figurent notamment la France, les États-Unis, le pape Benoît XV et l'écrivain Anatole France. En 2019, la France a instauré une journée nationale de commémoration le 24 avril.
Le musée du génocide arménien
Ouvert en 1995 et entièrement rénové en 2015, le musée souterrain retrace les étapes du génocide à partir des persécutions sous Abdul Hamid II jusqu'aux massacres planifiés par les jeunes-turcs. Il rassemble photographies, documents d'archives, cartes, objets personnels et témoignages de survivants. Le musée dispose également d'une salle de projection, d'une bibliothèque et d'un centre de recherche.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez 1h30 à 2h pour parcourir l'esplanade et le musée.
- Horaires : le musée est généralement ouvert du mardi au dimanche, fermé le lundi. Vérifiez les créneaux à jour avant de vous déplacer.
- Tarif : l'entrée est traditionnellement gratuite, des dons étant possibles.
- Visites guidées : disponibles en plusieurs langues, dont le français, sur réservation.
- Comportement attendu : tenue correcte, attitude discrète. Évitez de manger ou de fumer sur l'esplanade et adaptez votre prise de photos au caractère solennel du lieu.
Comment s'y rendre depuis Erevan
Le mémorial se situe sur la colline de Tsitsernakaberd, à environ 4 km à l'ouest du centre. Plusieurs options sont possibles :
- En taxi ou VTC : la solution la plus directe, environ une dizaine de minutes depuis le centre selon le trafic.
- En métro puis à pied : la ligne dessert la station Barekamutyun, d'où l'on rejoint le site en une quinzaine de minutes de marche à travers le parc.
- En bus ou marshrutka : plusieurs lignes desservent les abords du parc Tsitsernakaberd ; les numéros évoluent régulièrement, renseignez-vous localement ou via une application de transport.
- À pied : la marche depuis le centre prend environ une heure et permet de traverser plusieurs quartiers d'Erevan.
À voir à proximité
- Le parc Tsitsernakaberd entoure le mémorial et offre des points de vue dégagés sur la ville et le mont Ararat.
- Le Matenadaran, institut de recherche et musée, conserve plus de 20 000 manuscrits arméniens datant du Vᵉ au XVIIIᵉ siècle.
- Le musée d'histoire de l'Arménie, sur la place de la République, rassemble plus de 400 000 pièces, de la préhistoire à l'époque contemporaine.
- La Cascade, ensemble monumental de 500 mètres de longueur et 50 mètres de hauteur, intègre escaliers, fontaines et un complexe culturel (Cafesjian Center for the Arts).
- Le Monument de l'alphabet arménien, à une trentaine de kilomètres au nord, prolonge utilement la réflexion sur l'identité culturelle arménienne.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Une trentaine d'États ont officiellement reconnu le génocide, dont la France, les États-Unis, l'Allemagne, l'Italie ou encore le Canada. La Turquie, héritière de l'Empire ottoman, ne le reconnaît pas. Le mur de la mémoire du site liste les pays et organisations engagés dans cette reconnaissance.
Le site se visite toute l'année. Le 24 avril, jour de commémoration, donne lieu à une affluence très importante et à une atmosphère particulièrement solennelle. Hors de cette date, les matinées de semaine sont les plus calmes.
L'accès à l'esplanade et au musée est traditionnellement gratuit, des dons étant les bienvenus. Les visites guidées peuvent être facturées. Vérifiez les conditions actualisées avant votre venue.
Les photos sont généralement tolérées sur l'esplanade et autour de la flamme éternelle, dans le respect du recueillement des autres visiteurs. À l'intérieur du musée, certaines salles peuvent restreindre la prise de vue : suivez la signalétique et les consignes du personnel.
Comptez 1h30 à 2h pour combiner l'esplanade, le monument aux alliés et le parcours du musée. Une visite guidée approfondie peut prolonger ce temps.
Pour intégrer le mémorial à un itinéraire plus large mêlant Erevan, monastères et paysages du Caucase, consultez nos voyages en Arménie.
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