Monastère d'Hovannavank

Monastère d'Hovannavank

Monastère d'Hovannavank

·
SpiritualitéHistoire2 min de lecture

À une trentaine de kilomètres d'Erevan, Hovannavank surplombe le canyon du Kasakh et réunit une église primitive et une cathédrale zakaride du XIIIe siècle.

Le monastère d'Hovannavank se dresse au bord du canyon de la rivière Kasakh, dans le marz d'Aragatsotn, à une trentaine de kilomètres au nord d'Erevan. Cet ensemble médiéval combine une église des origines du christianisme arménien et une cathédrale zakaride du XIIIe siècle, le tout protégé par des fortifications anciennes.

Pourquoi visiter Hovannavank

Hovannavank intéresse à plusieurs titres. C'est d'abord un témoin de la stratification architecturale arménienne : on y lit côte à côte une église primitive (Sourp Karapet), une cathédrale du XIIIe siècle (Katoghike) et un gavit zakaride. La sculpture du portail du Katoghike, qui illustre la parabole des Vierges sages et des Vierges folles, compte parmi les bas-reliefs narratifs notables de l'art médiéval arménien.

Le site offre également un cadre naturel marquant : le monastère est posé en bordure du canyon du Kasakh, et l'on aperçoit depuis ses abords le mont Aragats. Couplée à Saghmosavank, situé à 5 km au nord et relié par un ancien sentier, la visite forme un parcours cohérent entre deux ensembles fondés par les mêmes commanditaires.

Histoire du monastère

Selon l'historien du XVIIe siècle Zakaria Kanakertsi, le site remonterait au IVe siècle, à l'époque de la christianisation de l'Arménie. La tradition attribue la fondation à Saint Grégoire l'Illuminateur, qui aurait fait édifier l'église Sourp Karapet pour conserver des reliques de Saint Jean-Baptiste. Cette attribution relève de l'hagiographie ; la première restauration documentée par les sources est mentionnée en 553, ce qui confirme une présence religieuse ancienne sur le site.

L'ensemble prend sa forme actuelle au XIIIe siècle, durant la période zakaride. Les princes Vatchoutian font construire le Katoghike et le gavit, et dotent le monastère de fortifications. Le site subit ensuite plusieurs séismes : celui de 1679 endommage les bâtiments sans interrompre leur usage, puis le tremblement de terre de 1918 détruit le tambour et la façade méridionale du Katoghike.

Une campagne de restauration débute en 1982, soutenue par la diaspora arménienne. Le séisme de 1988 cause de nouveaux dégâts ; chaque pierre est alors inventoriée pour permettre une restitution fidèle. Les travaux, interrompus en 1991, reprennent en 1999.

Que voir sur le site

  • Le Katoghike : cathédrale principale du XIIIe siècle, reconnaissable à son dôme posé sur un tambour à douze faces et à ses chapelles d'angle. Son portail occidental porte le bas-relief des Vierges sages et des Vierges folles.
  • Le gavit : construit vers 1250, ce vestibule liturgique présente une coupole soutenue par quatre piliers et une rotonde à douze colonnes. Plusieurs khatchkars (croix de pierre sculptées) y sont insérés.
  • Sourp Karapet : accolée au Katoghike, cette petite église à voûte en berceau, aux murs renforcés par des piliers et au toit en pierre, serait la plus ancienne du complexe, datée traditionnellement du IVe siècle.
  • Les abords : vestiges d'une chapelle des IVe–Ve siècles, fortifications anciennes et colonne commémorative datée de 1311 ponctuent la promenade autour des bâtiments.

Informations pratiques

Le monastère est ouvert au public toute la journée et la visite est libre. Comptez 45 minutes à 1h30 sur place selon l'intérêt porté à l'architecture et au cadre du canyon. Comme dans tout lieu de culte arménien, une tenue couvrant les épaules est appréciée ; les femmes peuvent se voir proposer un foulard à l'entrée. La photographie est autorisée à l'extérieur ; à l'intérieur, elle se fait avec discrétion, surtout en présence de fidèles.

Aucun service de restauration n'est présent sur place. Prévoyez de l'eau et des chaussures stables, le sol pavé et les abords du canyon étant inégaux.

Quand y aller

La période la plus agréable s'étend de fin avril à début octobre. Le plateau d'Aragatsotn connaît des hivers rudes, avec neige et températures parfois négatives ; la route reste praticable mais le site peut être enneigé. L'été, les matinées et les fins d'après-midi offrent la meilleure lumière sur les pierres de tuf et les gorges du Kasakh. Le printemps colore les abords du canyon, qui redeviennent verts en mai.

Comment s'y rendre

Hovannavank borde la communauté rurale d'Ohanavan, à 5 km au nord d'Achtarak. Depuis Erevan, comptez environ 40 minutes de route.

  • En voiture ou taxi : option la plus directe depuis Erevan via l'autoroute M1 puis la route d'Ohanavan. Les taxis et applications type GG ou Yandex desservent le site.
  • En marshrutka : des minibus relient Erevan à Achtarak depuis la station Kilikia. D'Achtarak, un taxi local ou un transport partagé permet de rejoindre Ohanavan.
  • En excursion : Hovannavank est fréquemment combiné avec Saghmosavank lors d'une demi-journée au départ de la capitale.

Aux alentours

Saghmosavank, à 5 km au nord, partage la même histoire fondatrice et surplombe également le canyon du Kasakh : c'est le prolongement naturel de la visite, à pied par l'ancien sentier ou en voiture. Achtarak, à 5 km au sud, abrite plusieurs églises médiévales et un vieux pont sur le Kasakh. En continuant vers le sud-ouest, on rejoint le Monument de l'alphabet arménien, au pied du mont Aragats. Pour une autre visite monastique de référence, le monastère de Noravank, plus au sud, offre un contraste saisissant avec ses falaises ocre.

Préparer la suite du voyage

Hovannavank s'inscrit naturellement dans un itinéraire culturel et paysager autour d'Erevan. Pour construire un séjour combinant monastères, sites antiques et grands paysages, consultez nos voyages en Arménie.

Intéressé(e) par cette visite ?

Nous pouvons l'inclure dans votre itinéraire personnalisé.