
Monument de l'alphabet arménien
Monument de l'alphabet arménien
Au pied du mont Aragats, 39 lettres de pierre rendent hommage à Mesrop Mashtots, créateur de l'alphabet arménien en 405. Un site libre d'accès à 1 h d'Erevan.
Sur les contreforts du mont Aragats, à une heure de route d'Erevan, 39 lettres de pierre sculptées dans du tuf volcanique forment un arc de cercle au milieu d'un champ. Ce monument inauguré en 2005 rend hommage à Mesrop Mashtots, créateur de l'alphabet arménien en 405, et à un système d'écriture toujours en usage seize siècles plus tard.
Pourquoi visiter le monument de l'alphabet arménien
Peu de pays disposent d'un monument dédié à leurs propres lettres. Pour les Arméniens, l'alphabet créé par Mesrop Mashtots représente un pilier identitaire au même titre que la langue ou la foi. Le site se prête à une halte d'une heure environ sur la route reliant Erevan au mont Aragats ou à Achtarak. Vous y croiserez peu de touristes, beaucoup d'Arméniens venus photographier la lettre initiale de leur prénom, et un panorama dégagé sur le plus haut sommet du pays.
Histoire de l'écriture arménienne
L'alphabet arménien apparaît en 405, dans un contexte précis : la conversion récente du royaume au christianisme et le besoin de traduire la Bible dans une langue jusque-là dépourvue d'écriture propre. Avant cette date, les Arméniens utilisaient les alphabets grec, perse ou syriaque, mal adaptés aux sons de leur langue.
Mesrop Mashtots, moine érudit, conduit le projet avec l'appui d'Isaac d'Arménie, son disciple, et le soutien du roi Vramshapuh. L'alphabet compte alors 36 lettres, qui empruntent certains traits aux syllabaires grec et syriaque. Trois lettres supplémentaires s'ajoutent au XIIe siècle, portant le total à 39.
Une particularité souvent rappelée : les deux premières lettres, A et B, forment le mot ab (« père »), et les deux dernières, K et H, forment keh (« vie »). Une cohérence symbolique entre la première et la dernière lettre, qui n'est probablement pas un hasard chez un moine traducteur des Écritures.
Ce que vous voyez sur place
Le monument se déploie en arc de cercle sur une esplanade ouverte. Les 39 sculptures mesurent environ 1,5 mètre de haut pour autant de tonnes, taillées dans le tuf volcanique local — une pierre qui passe du rouge au rose, au jaune et au gris selon le bloc. Chaque lettre porte des motifs gravés, géométriques, floraux ou animaliers, inspirés du répertoire ornemental arménien.
Au centre, une statue en bronze de cinq mètres représente Mesrop Mashtots et ses élèves tenant un parchemin avec les premiers mots de la Bible en arménien. Le socle circulaire est entouré de quatre colonnes figurant les quatre évangélistes.
L'ensemble a été conçu par l'architecte Jim Torosyan et inauguré le 16 octobre 2005, en présence du président de la République et du Catholicos d'Arménie, à l'occasion du 1600e anniversaire de l'alphabet.
Conseils pratiques
La visite ne demande pas de billet ni d'horaire particulier : le site est en plein air et libre d'accès. Comptez 30 minutes à 1 heure sur place, selon votre intérêt pour les détails ornementaux et la photographie. Quelques règles élémentaires :
- Ne pas grimper sur les sculptures ni s'y appuyer.
- Ne laisser aucun déchet, le site n'est pas gardienné en permanence.
- Prévoir de l'eau et un en-cas : aucun commerce sur place.
Quand y aller
Le printemps (mars à mai) et l'automne (septembre à novembre) offrent les conditions les plus agréables, avec des températures modérées et une lumière favorable aux photos. L'été est sec et chaud sur le plateau d'Aragats, supportable mais peu ombragé — chapeau recommandé. L'hiver transforme le site : la neige enveloppe les lettres et crée un contraste visuel intéressant, mais la route peut être impraticable après de fortes chutes.
Comment s'y rendre
Le monument se trouve le long de la route, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Byurakan et à environ 15 km d'Achtarak. Depuis Erevan, comptez environ une heure de trajet par la M3 puis la H3.
En voiture, c'est l'option la plus simple, et le site se combine facilement avec une journée autour d'Aragats ou de l'observatoire de Byurakan. Sans véhicule, vous pouvez négocier un taxi à la journée depuis Erevan, ou emprunter un minibus (marshrutka) en direction d'Achtarak puis poursuivre en taxi local. Convenez du prix et du temps d'attente avant le départ.
À voir dans les environs
Le mont Aragats domine le paysage : à 4090 m, c'est le point culminant du pays, et plusieurs interprétations culturelles le rattachent aux origines de la civilisation arménienne. Quatre sommets entourent un cratère, accessibles à différents niveaux de difficulté.
À une heure de route environ, le temple de Garni, édifice païen du Ier siècle avant J.-C., reste l'un des rares témoignages préchrétiens de la région. Plus au sud, le monastère de Noravank et, pour qui veut prolonger vers Erevan, le mémorial du génocide arménien complètent une lecture historique du pays. Le monastère de Khor Virap, à environ 1 heure de route, offre une vue rapprochée sur le mont Ararat.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Mesrop Mashtots, moine érudit, en 405. Il a travaillé avec son disciple Isaac d'Arménie et bénéficié du soutien du roi Vramshapuh. L'objectif initial était de traduire la Bible dans une langue propre.
L'alphabet d'origine en comptait 36. Trois lettres supplémentaires ont été ajoutées au XIIe siècle pour transcrire des sons absents du système initial, portant le total à 39.
Entre 30 minutes et 1 heure suffisent pour faire le tour des 39 sculptures et de la statue centrale. Le site se combine bien avec une excursion plus large vers Aragats ou Achtarak.
Un taxi à la journée reste la solution la plus pratique. Sinon, prendre un minibus en direction d'Achtarak puis un taxi local jusqu'au site, en convenant du prix et du temps d'attente à l'avance.
Non, l'esplanade est en plein air et l'accès est libre, sans horaire d'ouverture.
Pour intégrer cette étape dans un itinéraire plus large, consultez nos voyages en Arménie.
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