
Erevan
Erevan
Plus vieille que Rome, taillée dans le tuf rose et bordée par le mont Ararat, Erevan dévoile 2800 ans d'histoire, des marchés vibrants et une scène culturelle unique au cœur du Caucase.
Capitale de l'Arménie et plus vieille que Rome, Erevan affiche fièrement ses 2800 ans d'histoire au pied du mont Ararat. Surnommée la « ville rose » pour le tuf volcanique qui colore ses façades, elle conjugue places monumentales soviétiques, ruelles bohèmes, manuscrits médiévaux et terrasses où coule le cognac Ararat. Visiter Erevan, c'est plonger dans une ville-carrefour, fière, accueillante et étonnamment vivante après le coucher du soleil.
Erevan en bref
| Pays | Arménie |
| Statut | Capitale, fondée en 782 av. J.-C. |
| Population | Environ 1,1 million d'habitants |
| Altitude | 900 à 1 300 m |
| Aéroport | Zvartnots (EVN), à 12 km du centre |
| Monnaie | Dram arménien (AMD) |
| Langues | Arménien, russe largement parlé |
| Meilleure période | Mai-juin et septembre-octobre |
| Durée idéale | 2 à 3 jours sur place, 8 à 14 jours pour le pays |
Pourquoi visiter Erevan ?
Erevan ne se livre pas au premier regard. Il faut s'attarder, s'asseoir sur la place de la République un soir d'été quand les fontaines dansent, gravir les marches de la Cascade pour voir le mont Ararat émerger de la brume, ou pousser la porte d'une cave pour goûter un cognac Ararat vieilli vingt ans.
La ville cultive un paradoxe : capitale du premier État chrétien au monde, elle abrite aussi une mosquée bleue intacte, des cafés à l'ambiance parisienne et une scène artistique qui revendique l'héritage de Parajanov. Tier 1 du Caucase, Erevan reste pourtant moins courue que Tbilissi, ce qui en fait une étape encore préservée.
C'est aussi le meilleur point de départ pour rayonner vers les monastères Garni et Geghard, le Khor Virap face à l'Ararat ou le lac Sevan. Trois jours suffisent pour la ville, mais une semaine est nécessaire pour comprendre le pays.
Histoire d'Erevan
Erevan vient du nom Erebouni, une ancienne forteresse militaire érigée au temps du roi Argishti premier. La ville fut édifiée pour se défendre contre les attaques en provenance du nord du Caucase. Bien qu'il y ait des traces d'occupation antérieure, une inscription cunéiforme gravée dans une pierre sur l'ordre du même roi, en 782 avant J.-C., est considérée comme l'acte de naissance de la ville d'Erevan. C'est à l'époque de la puissance urartéenne que la ville se dota de canaux d'irrigation et d'un réservoir.
Un siècle plus tard, Erebouni fut attaquée par les tribus Scythes qui brûlèrent la ville et assassinèrent la majorité de sa population. Pour pallier l'abandon d'Erebouni, le roi Rusa II édifia une autre forteresse, Teishebani, à des kilomètres au nord, mais celle-ci fut également détruite par les mêmes Scythes. Le succès de cette tribu fut de courte durée : les Mèdes, leurs alliés, tombèrent sous l'emprise des Achéménides, qui administrèrent dès lors Erevan et sa région. La reconstruction des deux villes Erebouni et Teishebani fut alors programmée.
Au début du Moyen Âge, le développement d'Erevan fut intense. Sa première église, l'église Saint-Pierre-et-Paul, fut édifiée au Ve siècle. Les diverses tentatives arabes de dominer la cité portèrent finalement leurs fruits et les conquérants s'emparèrent d'Erevan en 658. Les Arabes voulaient imposer des conversions massives, mais une grande résistance locale les obligea à pactiser. Les califes durent tolérer le christianisme et offrir une large autonomie aux Arméniens.
Erevan profita d'un siècle de paix et de prospérité jusqu'aux révoltes de 740. Pendant ces crises, la ville fut pillée et certains quartiers brûlés. L'arrivée du futur roi Achot premier en 850, en tant que gouverneur connu sous le nom de « prince des princes », changea la donne. Erevan retrouva son autonomie, marquant le début de la dynastie des Bagratides.
En 920, le roi Achot II dirigea Erevan et sa région avec l'appui de Byzance. La ville devint forte économiquement et militairement, devenant au Xe siècle le véritable centre de l'Arménie orientale. La dynastie des Bagratides régna jusqu'au XIe siècle, avant que la ville ne soit confiée aux Byzantins en 1023. Ces derniers ne résistèrent pas à l'attaque des Seldjoukides.
À la mort du roi Achot II en 1041, l'empereur byzantin Michel V réclama et obtint la ville d'Erevan, mais une seconde attaque des Seldjoukides fit fuir les Byzantins vers la ville d'Ani. Peuples très violents, les Seldjoukides pillèrent et brûlèrent Erevan, laissant la ville à l'abandon avant de prendre le contrôle de tout le royaume en 1064. Au XIIe siècle, la Géorgie et les Arméniens s'allièrent pour repousser les Seldjoukides. Reprise en 1201, Erevan fut reconstruite et connut un âge d'or de vingt ans.
L'année 1225 marqua la succession des invasions turcomanes et mongoles. Ces derniers réussirent à dominer la ville en appliquant une certaine tolérance envers le christianisme. La cité devint la capitale de l'une des quatre régions de l'Empire mongol. À la fin du XIIIe siècle, la conversion de Ghazan Khan et le nomadisme mongol freinèrent le développement de la région. Le pays connut une famine et la population préféra fuir, laissant encore une fois Erevan à l'abandon.
Sujette à la Perse, Erevan entra dans une période sombre du XVIe au XVIIe siècle. Devenue champ de bataille entre Perses et Turcs, elle subit destructions, attaques arabes et mongoles, et le terrible séisme de 1679.
En 1827, Erevan fut occupée par les Russes et son visage évolua très rapidement. Elle obtint le statut de capitale de la province puis du gouvernement à partir de 1849. En 1918, Erevan fut déclarée capitale de la nouvelle République indépendante d'Arménie. Beaucoup de bâtiments ont été érigés depuis cette époque, façonnant le visage néoclassique et soviétique que vous découvrez aujourd'hui.
Que faire à Erevan ? Les incontournables
Patrimoine et monuments emblématiques
La place de la République est le cœur battant de la ville. Dessinée par l'architecte Alexander Tamanyan dans les années 1920, elle réunit le Musée d'histoire d'Arménie et près de 2 750 fontaines qui s'animent en spectacle son et lumière chaque soir d'été.
Tout près, la Cascade aligne 572 marches sur 118 mètres de haut. Au sommet, la vue plonge sur Erevan jusqu'au mont Ararat par temps clair. À l'intérieur, le Cafesjian Center for the Arts expose une collection contemporaine surprenante.
La mosquée bleue, seule mosquée encore en activité du pays, s'étend sur 7 000 m². Elle compte une salle de prière, 28 autres pièces, une bibliothèque et un minaret de 24 m. Son dôme principal, orné de motifs floraux, lui doit son nom.
Musées et culture
Le Matenadaran est l'un des trésors absolus d'Erevan. Cet institut conserve plus de 17 000 manuscrits anciens, dont des évangéliaires enluminés du Moyen Âge arménien. Comptez deux heures de visite minimum.
La Galerie nationale d'Arménie abrite des œuvres européennes et russes (Chichkine, Aïvazovski) aux côtés de maîtres arméniens. Le musée Parajanov, dédié au cinéaste-collagiste, et le mémorial Tsitsernakaberd, consacré au génocide arménien de 1915, complètent un parcours mémoriel essentiel pour comprendre le pays.
Marchés et art de vivre
Le Vernissage, marché en plein air ouvert le week-end près de la place de la République, déballe tapis caucasiens, bijoux en argent, instruments duduk et antiquités soviétiques. C'est l'endroit pour rapporter un souvenir authentique en discutant directement avec les artisans.
Une visite à la distillerie Ararat s'impose pour les amateurs : dégustation guidée du célèbre cognac arménien dans les caves historiques, sur les hauteurs de la ville.
Excursions à la journée depuis Erevan
Le duo Garni-Geghard, à 40 km à l'est, associe le seul temple gréco-romain du pays au monastère troglodyte de Geghard, classé UNESCO. Le monastère de Khor Virap, à 1 h au sud, offre la vue carte postale sur le mont Ararat. Le lac Sevan, à 70 km, mérite une journée pour ses péninsules monastiques et ses tavernes à truite.
Quand partir à Erevan ?
Erevan possède un climat continental marqué : étés chauds et secs, hivers froids et neigeux. La ville se visite toute l'année, mais chaque saison offre une expérience différente.
Printemps (avril-juin) : la meilleure période. Températures douces (15 à 25 °C), abricotiers en fleurs, festival du vin d'Areni en mai. Idéal pour combiner ville et excursions.
Été (juillet-août) : très chaud, jusqu'à 38-40 °C en journée. Les habitants désertent vers le lac Sevan. Bonne période pour la vie nocturne et les terrasses, à condition de prévoir des pauses climatisées.
Automne (septembre-octobre) : seconde meilleure fenêtre. Lumière dorée, vendanges, températures de 18 à 25 °C, ciels clairs sur l'Ararat. Le festival de la grenade anime octobre.
Hiver (novembre-mars) : -5 à 5 °C, neige fréquente. Atmosphère feutrée, prix réduits, accès aux stations de ski de Tsaghkadzor à 1 h. Réveillon arménien (6 janvier) très festif.
Comment venir et se déplacer
Erevan est desservie par l'aéroport international de Zvartnots (EVN), à 12 km du centre. Il accueille des vols directs depuis Paris (4 h 30), Lyon, Marseille, Bruxelles et la plupart des grandes villes européennes. Comptez 2 500 à 3 000 AMD en taxi officiel jusqu'au centre, ou prenez le bus 201 pour quelques centaines de drams.
En ville, plusieurs options s'offrent à vous :
- Le métro : une seule ligne, mais bien pratique. Elle dessert Kentron, Arabkir et la gare. Tarif unique : 100 AMD.
- Bus et trolleybus : un mélange de vieux véhicules et de bus rose offerts par la Chine. Tarif : 100 AMD le trajet. Réseau dense.
- Marshrutkas : des minibus de 16 à 18 places, équivalents des taxis-brousses africains. Inconfortables mais ils vont partout, y compris hors de la ville, à prix très bas.
- Taxis : disponibles jour et nuit. Préférez les taxis-services (compagnie identifiée sur la portière, compteur) aux taxis privés à lanterne. Applis GG Taxi et Yandex très pratiques.
- À pied : le centre-ville est compact. Place de la République, Cascade, Opéra et Vernissage se rejoignent en 20 minutes de marche.
Où dormir à Erevan ?
L'offre d'hébergement s'est étoffée ces dernières années, du studio chez l'habitant au boutique-hôtel design. Trois budgets se dégagent :
Petit budget (15-30 € la nuit) : guesthouses familiales et auberges dans les quartiers Kentron et Arabkir. Petit-déjeuner souvent inclus, échanges chaleureux avec les hôtes, parfait pour les voyageurs en sac à dos.
Milieu de gamme (60-120 €) : boutique-hôtels installés dans les rues piétonnes près de la place de la République ou de l'avenue Mashtots. Décor contemporain inspiré de l'artisanat local, terrasses sur les toits avec vue sur l'Ararat.
Haut de gamme (150 € et plus) : palaces internationaux et lodges de caractère, souvent dans des bâtiments néoclassiques rénovés. Spa, restaurants gastronomiques arméniens, conciergerie pour organiser les excursions.
Conseil : privilégiez le quartier Kentron (centre) pour la marche, ou Kond pour l'authenticité bohème.
Conseils insider de notre expert local
Quelques astuces glanées sur place qui font la différence :
- Les fontaines dansantes de la place de la République s'animent tous les soirs d'été à 21 h, gratuitement. Arrivez 20 minutes avant pour une bonne place sur les marches du musée.
- Le café arménien se boit partout, mais le quartier de Saryan, surnommé « rue du vin », concentre les meilleures caves à vin et bars à dégustation à partir de 18 h.
- Pour photographier l'Ararat, montez à la Cascade tôt le matin (avant 9 h) : la lumière est parfaite et la pollution moindre.
- Le marché GUM (différent du Vernissage) est l'endroit où acheter fruits secs, sujuk et lavash. Goûtez avant d'acheter, c'est l'usage.
- Pourboire : 10 % au restaurant si non inclus dans l'addition. Les chauffeurs n'attendent rien.
- Cash : essentiel hors centre. Les distributeurs acceptent Visa et Mastercard, mais prévenez votre banque avant le départ.
Erevan, pour quel type de voyageur ?
Pour les passionnés d'histoire : 2800 ans d'archives à ciel ouvert, du site urartéen d'Erebouni au Matenadaran et au mémorial Tsitsernakaberd. Trois jours pleins ne sont pas de trop.
Pour les couples : ville romantique le soir, terrasses, opéra, escapade au Khor Virap face à l'Ararat. Une lune de miel sur 14 jours combinant Erevan, le Sevan et le sud du pays fonctionne très bien.
Pour les amateurs de gastronomie et de vin : la rue Saryan, les caves Ararat, les vignobles d'Areni à 1 h 30. L'Arménie revendique 6 000 ans de viticulture.
Pour les randonneurs : Erevan sert de base avant de partir vers le mont Aragats (4 095 m), les gorges de Garni ou les sentiers du Dilijan. Comptez une vraie semaine pour un trek.
Pour les familles : le parc de la Victoire offre auto-tamponneuses, grande roue et montagnes russes. Le zoo et le musée des illusions plaisent aux enfants. La ville est sûre, propre et marchable.
Construire votre voyage en Arménie avec notre agence locale
Erevan se découvre seule, mais le pays révèle sa profondeur quand un expert vous ouvre les bonnes portes : un viticulteur d'Areni, une famille à Dilijan, le bon moment pour visiter Geghard sans la foule. Notre expert local de l'agence construit chaque itinéraire sur mesure, en fonction de votre rythme, de vos centres d'intérêt et de votre budget.
Que vous souhaitiez un circuit culturel de 8 jours, un trek de 12 jours ou un combiné Géorgie-Arménie, nous adaptons chaque étape avec des hébergements de caractère, des chauffeurs francophones quand nécessaire et un carnet d'adresses testé sur le terrain.
Nos circuits qui passent par Erevan
- L'Arménie à cœur ouvert — 9 jours, immersion culturelle complète.
- Histoire et culture — 8 jours autour des grands sites patrimoniaux.
- Patrimoine arménien — 8 jours, monastères et villages traditionnels.
- Au pied du mont Ararat — 14 jours, dès 1 890 €.
- Lune de miel en Arménie — 14 jours, dès 1 955 €.
- Trek en Arménie — 12 jours pour les randonneurs.
- L'Arménie à ski — 7 jours, version hivernale.
- Combiné Géorgie-Arménie — 11 jours au cœur du Caucase.
Questions fréquentes sur Erevan
Questions fréquentes
Comptez 2 à 3 jours pleins pour la ville (place de la République, Cascade, Matenadaran, Vernissage, Tsitsernakaberd) et au moins 4 jours supplémentaires pour les excursions vers Garni-Geghard, Khor Virap et le lac Sevan. Une semaine complète permet de bien équilibrer ville et campagne.
Les ressortissants français, belges, suisses et canadiens peuvent entrer en Arménie sans visa pour des séjours touristiques jusqu'à 180 jours. Un passeport valide six mois après la date de retour suffit.
Mai-juin et septembre-octobre offrent les conditions idéales : températures douces, ciels clairs sur l'Ararat, festivals du vin et de la grenade. Évitez juillet-août si vous craignez la chaleur (jusqu'à 40 °C).
Oui, Erevan figure parmi les capitales les plus sûres du Caucase. La criminalité contre les touristes est très faible, la marche de nuit en centre-ville ne pose pas de problème. Restez attentif aux actualités régionales avant un voyage frontalier.
Erevan reste très abordable : un repas dans une cantine locale coûte 5 à 8 €, un dîner en restaurant de qualité 15 à 25 €, une nuit en boutique-hôtel 60 à 120 €. Comptez 50 à 80 € par jour et par personne pour un voyage confort hors hébergement haut de gamme.
L'arménien est la langue officielle, le russe largement compris. L'anglais progresse rapidement dans les hôtels, restaurants et chez les jeunes. Le français reste rare : un guide francophone ou notre expert local facilite vraiment l'immersion culturelle.
Le cognac Ararat (vieilli 10, 15 ou 20 ans), un tapis ou kilim au Vernissage, des fruits secs et abricots, un duduk (instrument traditionnel) et de l'argenterie ciselée. Les douanes autorisent 2 litres d'alcool par adulte au retour en UE.
Attractions à Erevan
Voir tout
Mémorial du génocide arménien
À Erevan, le complexe de Tsitsernakaberd associe monument circulaire, flèche de 44 mètres et musée souterrain dédiés à la mémoire du génocide arménien de 1915.

Cimetière de Noradouz ( Noratus )
Plus grand cimetière de khatchkars conservé au monde, Noratus rassemble plus de 900 croix de pierre sculptées du Xe au XVIIIe siècle, près du lac Sevan.

Monastère de Geghard
À 40 km d'Erevan, le monastère rupestre de Geghard, classé UNESCO, conjugue chapelles taillées dans la falaise, reliques médiévales et vallée de l'Azat.

Musée d'Histoire de l'Arménie d'Erevan
Sur la place de la République à Erevan, le Musée d'Histoire de l'Arménie rassemble plus de 90 000 objets, de la préhistoire à l'époque contemporaine.

Monastère d'Hovannavank
À une trentaine de kilomètres d'Erevan, Hovannavank surplombe le canyon du Kasakh et réunit une église primitive et une cathédrale zakaride du XIIIe siècle.

Temple de Garni
À 30 km d'Erevan, le temple de Garni est le seul vestige païen d'Arménie. Sanctuaire gréco-romain reconstruit dans les années 1970, dominant la gorge de l'Azat.
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